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De l’auto-entreprise au portage salarial


Le 09/10/2011, source : Le Nouvel Economiste

De l’auto-entreprise au portage salarial


Seul et bien accompagné
Si le succès de l’auto-entrepreneuriat ne se dément pas, celui-ci demeure une solution temporaire. Aussi importe-t-il de savoir gravir l’échelon supérieur. Et pourquoi pas de basculer vers le portage salarial ? Moins cadré financièrement, ce statut réduit cependant la liberté d’entreprendre du jeune créateur, et représente un coût non négligeable pour le porté. Deux contraintes qui, bien souvent, refroidissent les auto-entrepreneurs.

Près de trois ans après son lancement le 1er janvier 2009, le succès du régime de l’auto-entrepreneur est incontestable. Environ 900000 créateurs se sont laissé séduire par ce régime caractérisé par sa grande simplicité. Certes, pour la première fois au mois d’août, le nombre de nouveaux entrepreneurs est passé sous la barre des 20000, mais sur les huit premiers mois de l’année 2011, les demandes de création d’auto-entreprises représentaient encore “un peu plus de la moitié des créations d’entreprise”selon l’Insee. “Le statut de l’auto-entrepreneur a aujourd’hui atteint son rythme de croisière après deux années euphoriques qui ont suivi sa mise en oeuvre”.[...]

En effet, si le statut d’auto-entrepreneur permet de démarrer une activité, il ne peut être que transitoire. Dès lors que l’activité se développe, il faut envisager de basculer vers un autre statut. Et pourquoi pas le portage salarial, statut au succès grandissant? Entre indépendance et salariat, le portage salarial s’impose progressivement comme un bon compromis pour ceux qui souhaitent travailler en indépendant tout en bénéficiant du statut de salarié. Outre résoudre le problème du plafond, le passage au portage offre notamment à l’entrepreneur un soutien administratif et une protection sociale plus complète.

D'autant plus qu'ne part importante des auto-entrepreneurs – entre 40% et 60% selon les calculs – ne déclarent aucun chiffre d’affaires. De la même manière, fin 2011, le CA moyen par auto-entrepreneur ne représenterait que 2500euros par an. En outre concernant l’apparente simplicité administrative, et malgré un réel effort fait pour simplifier les démarches, il faut rester attentif à deux aspects très concrets: d’une part, au-delà de ces obligations réglementaires allégées, une activité professionnelle nécessite
tout de même un suivi comptable, de la facturation, des contrats juridiques avec les clients, une assurance, etc

Atouts non négligeables

Le statut de portage salarial règle donc, quand il se pose, le problème du plafond de chiffre d’affaires. Mais pas seulement. Il offre également cinq autres avantages significatifs aux créateurs en herbe. En premier lieu, le statut salarial ouvre droit à la protection sociale des salariés – assurance chômage et couverture santé (notamment
en cas d’arrêt maladie et d’accident du travail) – jugée préférable à celle de l’indépendant. “La plupart des salariés des sociétés de conseil classiques aspirent à plus d’autonomie ou d’indépendance, mais la perspective de rester salarié, et notamment continuer à cotiser pour la retraite, reste très attrayante. D’où le choix du portage salarial au sein des sociétés du
Sneps”, témoigne Radhia Amirat. Deuxième avantage, le porté est libéré des contraintes de la gestion administrative et comptable de son activité. Il a ainsi tout loisir de démarcher ses clients, négocier les contrats et les conditions de son intervention tout en conservant l’entière maîtrise de son travail. Seuls les documents commerciaux sont établis au nom de la société de portage qui place le salarié à disposition du client, facture la prestation, perçoit les honoraires, règle les charges fiscales et sociales, etc