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Le statut d'autoentrepreneur

Quelles solutions pour se lancer dans l’entreprenariat ?

Témoignage de Radhia AMIRAT, Directrice de l’ACPI, l’Agence Conseil Pour les Intervenants

« Quelles solutions pour quels profils ? »

Malgré la crise qui touche la totalité de l’économie mondiale ou presque, il semblerait que les porteurs de projet gardent confiance et que la création d’entreprise constitue une opportunité intéressante. Les chiffres de la création en augmentation en sont l’illustration. L’Etat joue également un rôle moteur grâce aux dispositifs favorables qu’il a mis en œuvre, notamment depuis le début de l’année. Le statut d’auto entrepreneur permet ainsi de faciliter l’accès à l’entreprenariat. Mais attention de bien choisir son statut, en toute connaissance de cause, et surtout en fonction de son profil.
 

Plusieurs portes d’entrée pour les créateurs

L’auto-entrepreneur : le coup de pouce de l’Etat pour se lancer

Depuis le 1er janvier, près de 140.000 personnes se sont enregistrées sous le statut de l’auto-entrepreneur. La barre des 200.000 devrait être franchie d’ici la fin de l’année. Ce statut permet d'exercer une activité de travailleur indépendant de façon simple et avantageuse.
Ce sont ces avantages à moindre risque qui rendent ce régime particulièrement intéressant et attractif :
- des formalités extrêmement simples pour la création et la cessation d’activité
- pas de tenue de comptabilité.
- pas de charges si pas d’activité,
- patrimoine protégé

Le régime d'auto-entreprenariat comporte néanmoins quelques inconvénients.
- D'abord, le régime s'adresse principalement aux porteurs de projet à activité réduite. En effet, le CA de l'auto-entrepreneur ne doit pas dépasser les 80.000 euros pour les établissements à vocation commerciale et vente, et 32.000 euros pour les prestataires de services. Si au fil du temps, l’activité se développe, l'auto-entrepreneur doit basculer vers un autre régime, sans forcément y avoir été préparé.
- Un autre point à ne pas oublier c'est que ce statut n’offre qu’une couverture sociale très réduite. En effet, si votre chiffre d’affaire n’atteint pas le montant de l’assiette minimale (1.742 €), certaines cotisations sont à perte et n’ouvrent aucun droit. Au-delà, les cotisations étant fonction des montants, elles n’ouvrent que peu de droit, à la retraite par exemple (attention donc à ne pas déchanter au moment de la retraite, lorsqu’il sera trop tard). Il vous faudra également attendre une année complète d'affiliation pour pouvoir percevoir des indemnités journalières en cas d'arrêt maladie.
- Enfin, le non assujettissement à la TVA permet à l’entrepreneur de réduire le coût de façade de ses factures. Par contre, lors de ses propres achats, il ne pourra pas déduire les montants de TVA. Pour certaines activités nécessitant des investissements, cet avantage peut vite devenir un inconvénient majeur.

Il faut rappeler que ce statut a été prévu pour une activité réduite souvent exercée en parallèle d’un autre statut, comme celui de salarié ou de retraité. Pour toutes ces raisons, l’auto-entreprenariat n’est pas conseillé dans le cadre d’une activité principale.
 

La création classique d’une entreprise

Trois grandes formes juridiques sont majoritairement exploitées :
- l'EURL
-la SARL
-SA

Les deux formes les plus répandues sont clairement l'EURL et la SARL, elles représentent près de 80% des sociétés immatriculées en France.

Cette étape effectuée, viennent ensuite les démarches administratives qui peuvent s’avérer lourdes ainsi que la gestion au quotidien. La mise en place récente des CFE (Centre de Formalités des Entreprises) facilite la création mais les relations au quotidien avec les administrations restent parfois difficiles à appréhender pour certains.
 

Portage salarial : tremplin à la création d’entreprise

Depuis juin 2008, le portage salarial est enfin reconnu et fait son entrée dans le code du travail. Cela permet au porteur de projet de conserver le statut de salarié et la couverture sociale qui en découle. C’est un mode de fonctionnement rassurant qui permet de démarrer une activité en toute sérénité car la partie administrative et toutes les relations avec les organismes de cotisations sont effectuées par la société de portage.

L’intervenant se concentre sur son métier, il se dégage ainsi du temps pour rechercher sa clientèle et négocier les conditions de ses interventions. Il est autonome dans la réalisation de ses missions et dans le choix de ses clients, mais reste bien salarié de l’entreprise de portage. A ce titre, il bénéficie, à l’ACPI, d’un accompagnement quotidien et de formations pour l’aider à mieux développer son activité. L’ACPI propose des points réguliers sur les difficultés qu’il peut rencontrer et organise des rencontres par secteur d’activité pour que les salariés opérant sur un même marché puisse partager des informations essentielles.

Les salariés portés chez ACPI sont également soumis à un entretien annuel qui leur permet de se situer par rapport au marché, notamment en terme de prix. Cet entretien sert à leur présenter une étude sur la structure de leur clientèle et à les alerter, si besoin, sur la perte ou le gain de clients, sur l’évolution de leur chiffre d’affaire sur certains clients, ou encore à présenter certains ratios comme le rapport entre le chiffre d’affaires et le temps passé pour certains clients. Ils peuvent ainsi avoir une meilleure vision de leur activité et de se réorienter si besoin. Le plus souvent le consultant décidera d’augmenter son taux journalier à l’issue de cet entretien et cela se concrétisera presque à chaque fois.
 

Quelle solution choisir ?

• Si vous avez des activités, ponctuelles ou réduites, que vous souhaitez exercer en parallèle de votre statut actuel, optez pour l’auto-entreprenariat.

• Si vous souhaitez développer une activité et l’exercer à titre d’activité principale et que vous êtes sure de votre projet et de vos compétences en matière de gestion, optez directement pour la création d’une SARL.

• Si vous souhaitez développer une activité et l’exercer à titre d’activité principale, mais que vous avez besoin d’une phase de lancement ou que vous êtes allergique à la paperasse, préférez le portage salarial.