• Actualités du portage salarial
  • Nov 26, 2012
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Vers la fin des 35 heures sans hausse de salaire ?

En pleine négociation paritaire sur la sécurisation de l’emploi, où la question d’accélérer la signature d’accords de maintien de l’emploi est débatue entre les partenaires sociaux, un sondage OpinionWay sur la valeur travail, fait apparaître une France coupée en deux sur plusieurs points révélant que plus de la moitié des salariés serait près à travailler plus, si la sauvegarde de l’emploi et de leur entreprise en dépendait.

En effet, selon cette enquête, 53 % des Français seraient ainsi prêts à travailler 39 heures par semaine, «pendant un an sans augmentation de salaire», pour conserver leur emploi si leur entreprise «faisait face à des grandes difficultés». Bref, plus d’un salarié sur deux consentirait à signer un accord compétitivité-emploi (rebaptisé accord de maintien de l’emploi) si jamais son emploi ou celui de l’un de ses collègues en dépendait. Les Français ne seraient cependant pas tous disposés à faire un tel sacrifice: les plus de 50 ans oui et à 60 %, tout comme les hommes (55 %), les cadres (59 %) et les salariés du privé (53 %). À l’inverse, les moins de 35 ans verraient à 52 % d’un mauvais œil la mise en place d’un tel dispositif, comme les femmes (55 %), les ouvriers (53 %) et les fonctionnaires (54 %).
En résumé, le passage aux 39 heures « pendant un an sans augmentation de salaire » apparaît ainsi comme acceptable en cette période de difficultés économiques, si l’entreprise « faisait face à des grandes difficultés ».

Ce sondage tombe en pleine négociation paritaire sur la sécurisation de l’emploi, où la question de faciliter la signature d’accords de maintien de l’emploi – dont ceux existants défraient régulièrement la chronique – oppose les deux camps en présence. Pour l’heure, le patronat et la CFDT sont pour, tandis que la CGT et FO sont contre. La centrale dirigée par Jean-Claude Mailly, pour laquelle cela revient à faire encore un cadeau aux employeurs, en fait même un casus belli.

L’autre question intéressante du sondage Tilder-Institut Montaigne porte sur l’efficacité du système d’indemnisation et de reclassement des chômeurs. Là encore, les avis sont partagés et pas forcément comme on pourrait le penser a priori. Près de sept Français sur dix considèrent ainsi que le système actuel en fait suffisamment pour l’indemnisation des chômeurs (ouverture de droits dès quatre mois de cotisations, indemnisation selon le principe «un jour cotisé un jour indemnisé», deux ans d’allocation maximum et trois pour les plus de 50 ans, plafond de 6000 euros par mois…). Les réponses sont relativement homogènes en fonction du sexe, de l’âge, de la catégorie socioprofessionnelle ou du statut.

L’avis des personnes interrogées est en revanche tout autre en ce qui concerne l’accompagnement des quelque cinq millions de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi. À peine 21 % jugent le système efficace et les plus sévères sont les femmes et les plus de 50 ans. Là encore, ce sondage tombe au moment où Pôle emploi s’apprête à mettre en place une nouvelle typologie d’accompagnement des demandeurs d’emploi basée sur la distance de leur retour à l’emploi. Trois dispositifs vont être instaurés: un suivi renforcé à partir du quatrième mois d’inscription pour ceux qui sont le plus éloignés du marché du travail, un suivi classique pour ceux qui le sont moins, et un «appui 100 % Web», par mail, pour ceux qui peuvent se débrouiller tout seuls. L’idée est de concentrer des moyens limités sur les plus nécessiteux et de baisser le volume des conseillers de Pôle emploi.

Après les années « travailler plus, pour gagner plus » dans la perspective d’améliorer son pouvoir d’achat, nombre de salariés pourraient désormais connaître le « travailler plus, sans gagner plus » pour sauver leur emploi.

En période de crise, beaucoup de salariés accepteraient de se serrer les coudes pour qu’aucun de leur collègue ne reste sur le carreau, et pour que leur entreprise traverse l’année 2013 sans supprimer d’emploi.

Source : Opinionway : Vers la fin de la valeur travail ?

par le .

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