• Actualités du portage salarial
  • Déc 11, 2014
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Le travail individualisé : quelle(s) limite(s) ?

En plein bouleversement, le salariat se réinvente très rapidement en tendant vers une individualisation des parcours professionnels et un éclatement du travail en unités parfois éparpillées. Dans cette réinvention, quelles sont les limites à poser ?

travail individualisé

Qu’est-ce qu’un salarié ? Une définition mouvante

Trois éléments caractérisent habituellement et classiquement le salariat, à savoir :

  • La fourniture d’une prestation de travail. À l’évidence, cela n’est pas exclusif au salariat. Ainsi l’entrepreneur fournit-il une activité ;
  • La rémunération, contrepartie de la prestation de travail. Mais là encore, il peut y avoir rémunération autrement que dans un contrat de travail. C’est l’exemple du médecin libéral ;
  • Le lien de subordination juridique, c’est-à-dire « l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné [1] », par où l’on distingue les 3 prérogatives de l’employeur: le pouvoir (i) de direction, (ii) de surveillance et (iii) de sanction.

L’on se rend compte que ce dernier critère est décisif de la qualification de la relation de travail salariée, dont d’aucuns se demandent si le numérique n’en sape pas les fondements [2].

La révolution numérique, signe-t-elle l’obsolescence du salariat ?

Au soutien de cette thèse, plusieurs auteurs ont pointé pêle-mêle l’explosion des frontières entre vie privée et vie professionnelle, le remplacement des métiers peu qualifiés par des automates, la raréfaction de la main d’œuvre ouvrière [3], « l’internet devient le lieu où le travail se produit [4] », une « start-upisation » du net, une « injonction à être l’entrepreneur de soi-même ».

Ce phénomène de « marchandisation de soi » procéderait d’une destruction du salariat par le numérique. Il conviendrait donc de s’interroger sur les conséquences de cette transformation : préfigurerait-t-elle de nouveaux gisements d’emplois ?

On peut s’interroger face à cette présentation de l’évolution du rapport à l’emploi. Certes, nier son évolution c’est nier l’évidence, mais doit-on déduire de l’engouement pour les modèles de management des start-ups du net la destruction du salariat ? Ou, dit autrement, si tant est que le salariat se délite, est-ce vraiment attribuable au succès du numérique ?
La vérité c’est que « la génération Y » connaît un chômage parfois massif, comme c’est le cas en Espagne ou, dans une moindre mesure, en France.

Le taux est de 21,6% dans l’UE [5]. Ces difficultés poussent les jeunes « inventer de nouveaux types de travail [6] » plutôt qu’à la « recherche d’un emploi » qui se fait rare ; ils doivent « devenir des travailleurs habiles et flexibles et utiliser ce en quoi [ils] bons pour tenter d’en vivre ».

Sécurité ou liberté ? Grâce au portage salarial, « les deux mon général ! »

Disons-le tout de suite : heureusement ou malheureusement selon le point de vue, nous ne sommes pas égaux face à la prise de risque que suppose toute aventure entrepreneuriale.

Pour éclairer le dilemme du neo-entrepreneur, celui d’avoir à choisir entre sécurité et liberté, un article cite à cet égard le sociologue Zygmunt Bauman pour qui « la sécurité sans la liberté nous rend esclaves », ajoutant toutefois aussitôt qu’avec « la liberté sans la sécurité, vous n’êtes plus qu’une forme de plancton, pas un être humain ».

Mais est-ce au fond un dilemme ? Doit-on nécessairement renoncer à l’un en choisissant l’autre ? Là encore nous nous montrons plus que réservés : le dispositif du portage salarial illustre en effet parfaitement leur possible conciliation. Mêlant la liberté de l’entrepreneur à la sécurité du salariat, il offre donc les avantages dont jouit tout salarié (cotisation à la retrait, assurance chômage) tout en l’épargnant les inconvénients, ce lien de subordination juridique de plus en plus rebutant.

Pour celles et ceux qui disposent donc d’une expertise, le portage salarial constitue donc la réponse idoine aux bouleversements de la relation de travail salariée. A notre sens, loin de se déliter, elle connait un aggiornamento bienvenu pour les populations capables d’autonomie.

Sources et références :

1 Cass. soc. 23/01/97 arrêt « Boyer »
2 http://www.internetactu.net/2013/07/10/le-futur-du-travail-dans-lentreprise-12-lagilite-ou-le-neant/
3 http://www.manpowergroup.fr/le-futur-du-travail-dans-lentreprise-22-sans-lentreprise/
4 http://www.internetactu.net/2014/10/29/les-limites-de-lindividualisation-du-travail/
5http://trends.levif.be/economie/politique-economique/le-taux-de-chomage-stable-a-11-5-dans-la-zone-euro-en-septembre/article-normal-323235.html
6 http://www.internetactu.net/2014/10/29/les-limites-de-lindividualisation-du-travail/

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